TOUT SUR CLOCLO
Publié le samedi 12 décembre 2Entre divers souvenirs, Martine et Jean-Louis Motard présentent la plaque qui est inaugurée ce matin.
De leur appartement villeneuvois, Martine et Jean-Louis Motard dirigent pour le nord de la France le Club Claude François dont ils sont secrétaire et trésorier au niveau national. Aujourd'hui, ils inaugurent à Paris une plaque commémorative.
JULIEN GILMAN >
julien.gilman@nordeclair.fr
Pénétrant dans la demeure de deux piliers du Club Claude François, on s'attend à découvrir une chapelle ardente dressée depuis plus de 30 ans à la mémoire du chanteur. Rien de tout ça. Ni de
Magnolia for ever en fond sonore, ni même de posters sur les murs ou de bustes alignés tels des poupées russes sur l'étagère.
Il faudra exhumer deux-trois reliques pour prendre la photo qui illustrera le reportage. Pas n'importe lesquelles toutefois : des affiches rares et un disque d'or original de l'artiste. Mais ces
objets, que Martine et Jean-Louis Motard collectionnent, sont rangés dans une unique pièce de l'appartement.
S'ils cultivent la passion de
Cloclo, ils n'ont pas le fétichisme envahissant.
Ils sont pourtant très tôt tombés dans la marmite Claude François. Dès son plus jeune âge, à Béthune, Martine le découvre en écoutant l'émission Salut les copains sur Europe N°1 : « J'ai
flashé toute gamine sur cette voix. » Un amour qui se nourrira des succès de Claude François, même si, adolescente, Martine ne pourra le suivre dans toutes ses expériences. Celle du magazine
de charme Absolu ira trop loin. « Je n'ai pas adhéré du tout », lance-t-elle.
Un modèle
Ce léger écart vite pardonné, celle qui rêva de devenir claudette avoue sans ambages : « Il m'a aidée à me construire ».
« C'était un personnage qui respirait la joie de vivre, le bonheur, poursuit-elle. Moi, je n'étais pas blouson noir et Johnny, mais fleur bleue et Claude François ! » Jean-Louis, lui,
habite du côté de Perpignan et découvre son idole plus tard. En 1971. Les yéyés sont terminés et font place aux paillettes et au strass. « J'étais envoûté par tout ce qui se passait autour
des chansons, explique-t-il. Pour un garçon, essentiellement, ce sont les claudettes ! » Mais pas seulement. Claude François est pour l'ado un modèle : « Le personnage était un exemple.
Il ne fumait pas, buvait peu et ne se droguait pas. » Ce n'est qu'après le décès de la star que Martine et Jean-Louis se rencontrent. En mars 1981, pour les trois ans de la disparition de
Claude François, ils étaient avec plusieurs milliers d'autres fans salle Wagram, à Paris. « C'est Claude qui nous a réunis, on peut le dire », lance Martine.
Les jeunes gens se marient, ont deux enfants (aujourd'hui âgés de 25 et 22 ans), lui mène une carrière en gendarmerie, elle est aide-soignante. Mais tous deux poursuivent leur passion et
intègrent le Club Claude François. « Nous y sommes arrivés il y a 25 ans et on a repris les rênes il y a une grosse dizaine d'années », explique Jean-Louis. Ils sont secrétaire et
trésorier de l'association et responsables du nord de la France, les président et vice-président résident dans le Sud.
Le club officiel
Ensemble, ils remettent en route le magazine du club et relancent les activités de l'association : éditions de DVD et CD pour les membres, voyages sur les traces de la star, expositions...
Antériorité et durée obligent, le club se targue d'être l'association officielle du souvenir du chanteur.
« Des clubs Claude François, il s'en crée tous les ans, en mars, à l'anniversaire du décès, mais il y en a peu qui tiennent jusqu'au mois de juin » , assure Jean-Louis.
Avec le soutien de Claude et Marc, les fils de l'idole, ils mènent leurs combats pour « faire perdurer la mémoire du chanteur ». Le club a ainsi obtenu qu'une place parisienne soit
baptisée du nom de Claude François ou que le musée Grévin crée une statue à l'effigie de la vedette en 2004. Dernière manifestation : celle de ce matin. Les fils de Claude François et le club
dévoileront une plaque commémorative, rivée sur le mur du 122 boulevard Exelmans, l'immeuble où Claude François avait réuni les sièges de ses différentes sociétés. La flamme n'est pas près de
s'éteindre.w
